les nouveaux textiles

Publié le par exposition jours de lessive

Le Textile Face aux Taches et aux Lavages.


1.    Les vêtements et les fibres à travers les siècles
L’histoire du vêtement débute à la préhistoire. Le vêtement correspond initialement au besoin de l’homme de se protéger du froid. Les vêtements jouent aussi un rôle social et religieux. Confectionné à partir de peaux de bêtes, il évolue vers des tissus à base de fibres naturelles végétales : chanvre, lin, coton, ou animales : laine, soie,…
A partir de la fin du 19ème siècle, apparaissent les fibres artificielles, rayonne, viscose, acétate de cellulose, puis les fibres synthétiques, polyester, polyamide vers la moitié du 20ème siècle. Les vêtements sont plus agréables au porter et beaucoup plus faciles d’entretien. Pour obtenir des vêtements encore plus souples, près du corps, agréables au toucher, on développe dans les années 1980-90 des fibres élastiques et des microfibres. Ces fibres sont très souvent associées en mélange avec les fibres traditionnelles. Depuis une dizaine d’années apparaissent les vêtements adaptables et multifonctionnels. Les nouveaux textiles permettent de réguler la chaleur : réchauffer lorsqu’il fait froid ou rafraîchir lorsqu’il fait chaud, ils sont imper-respirants, c’est à dire qu’ils empêchent l’eau de pluie d’imprégner les tissus mais laissent passer la transpiration. Des fonctionnalités complémentaires sont intégrées dans les vêtements, par exemple des crèmes hydratantes, des agents anti-stress, ou des diodes électroluminescentes. Parallèlement, un retour aux fibres naturelles et au biomimétisme s’amorce pour répondre au besoin d’exigences écologiques.

2.    Les textiles face aux taches
Les textiles qui constituent les vêtements sont constitués de fibres, assemblées entre elles. Cet assemblage n’est pas compact, c’est pourquoi les textiles sont poreux, leur porosité allant de 60 à plus de 99%. La présence de pores confère aux tissus leur propriété essentielle de confort thermique : l’air présent dans les pores joue un rôle d’isolant thermique, et il permet aussi l’échange de transpiration du corps vers l’extérieur. Cependant, cette porosité génère l’absorption des taches par les tissus. Plus précisément, c’est la capillarité, qui conduit à l’aspiration et la rétention des taches. Pour vaincre cette rétention, lors d’un lavage il faut que l’eau et la lessive puisse circuler dans ces pores. Ceci explique les opérations lourdes pour forcer la circulation de l’eau pendant les lavages: brassage, battage, ….Avec les nouveaux textiles, les phénomènes de capillarité sont amplifiés et la difficulté de lavage s’accroît du fait du mélange des fibres dans les tissus.

3.    Les nouveaux textiles destinés à les protéger des taches
Les industriels du textile ont développé de nouveaux traitements de finition des tissus pour répondre au besoin de facilité d’entretien. Ces traitements sont réalisés par les ennoblisseurs textiles. Ils consistent soit à enrober chaque fibre d’un traitement, soit à déposer des microcapsules sur les fibres, sans modifier les caractéristiques des tissus, en particulier leur douceur et leur souplesse. Ces traitements sont permanents, c’est à dire qu’ils ne doivent pas être éliminés lors des lavages.
Les traitements anti-taches consistent à déposer un polymère fluoré à la surface des fibres pour supprimer la capillarité et repousser les taches. Ils sont commercialisés depuis plusieurs années et évoluent vers des traitements dits « effet Lotus » où s’ajoute une nanorugosité de la surface qui amplifie l’effet et permet une élimination facile des taches par l’eau.
Les traitements anti-odeurs, développés ces dernières années, reposent sur 3 principes :
•    soit la diffusion de parfum à partir de micro-capsules ou de nano-cages de cyclodextrine
•    soit le piégeage des odeurs par la cyclodextrine, elles doivent être ensuite « vidées » lors des lavages
•    soit la suppression de la prolifération des bactéries responsables des mauvaises odeurs par un traitement anti-bactérien
Les traitements dits « soil-release » consistent à favoriser le lavage des tissus synthétiques en particulier vis à vis des taches grasses. Ils consistent à rendre hydrophile la surface, les fibres acquièrent alors un comportement similaire au coton vis à vis des taches. On trouve très fréquemment sur le marché des vêtements composés de fibres de polyester « hydrophile ». Cette propriété améliore également le confort par rapport à la transpiration. Cependant, ces textiles se tachent également très facilement. Un traitement couplé anti-tache/soil release a été développé avec lequel la surface des fibres s’adapte à son environnement : les taches sont repoussées dans l’air mais une fois dans l’eau les fibres deviennent hydrophiles. Aujourd’hui, ce traitement n’est utilisé que pour quelques vêtements professionnels.
Le traitement autonettoyant est en cours de développement dans les laboratoires de recherche : les fibres sont enrobé d’une substance qui catalyse les réactions de dégradation des taches au contact de la lumière.

4.    conclusions
L’évolution des textiles conduit donc à des produits de plus en plus sophistiqués répondant aux besoins de bien-être des personnes. La complexité du lavage des textiles s’accroît.
Les nouveaux traitements des textiles essaient le faciliter le lavage en s’appuyant sur
•    Les nanotechnologies
•    Le bio mimétisme
•    Les fibres naturelles.


Bibliographie (décembre 2006)

http://www.futura-sciences.com/comprendre/d/dossier585-4.php
http://www.active-textiles.com/ActiveTextiles/index.html
http://www.scienceinthebox.com/fr_FR/research/originsofdirt_fr.html
http://www.ensad.fr/journal/journal19/materiaux.htm
http://www1.carrefour.fr/animations/2005_11_vetements.pdf
http://www.la-federation.com/Etudes/TexFutur.pdf


Par Anne Perwuelz – Professeur -
ENSAIT : Ecole Nationale Supérieure des Arts et Industries Textiles
Laboratoire GEMTEX : Génie et Matériaux Textiles

 

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